C'est le problème de toutes les revues d'armes. J'ai connu cela lors de mes fonctions de rédacteur en chef de l'Amateur d'Armes, revue qui a fait faillite deux fois.
Une raison à cela. Lorsque ce type de publication ne dispose pas d'un solide support financier, elle ne peut vivre bien longtemps. D'une part les ventes sont relativement faibles, mais il faut savoir que sur les ventes de chaque numéro, les NMPP (qui ont le monopole de la diffusion) prélève 50 % du prix de vente. Prenons l'exemple d'un magazine à 6 €, après ponction du diffuseur, il ne reste plus que 3 €...
Sur ce qui reste, il faut payer le papier et l'impression, les charges sociales et impôts, et, enfin, les piges des auteurs. Il n'est donc pas rare pour un patron de magazine à clientèle limitée, de perdre de l'argent chaque mois ! Seule la publicité permet de tenir le coup, en bouclant de justesse le budget mensuel, mais les annonceurs se font de plus en plus rares.
Résulat, lorsque les créanciers - dont l'URSSAF et les impôts, qui sont prioritaires - se mettent de la partie, le magazine sombre en quelques semaines.
Les victimes sont alors nombreuses : fournisseurs, annonceurs, personnel et rédacteurs occasionnels (pigistes). Je sais de quoi il retourne, car lors de la première faillite de l'Amateur, je me suis assis sur près de 35.000 Francs (de l'époque) de piges (articles armes) impayées...
Le patron de l'époque était un brave type, mais il ne pouvait donner plus qu'il n'avait. Il y a laissé sa chemise : maison (y compris celle de sa mère) et voiture revendues, comptes personnels bloqués, etc.